Vivre dans l'Opposition...

"Le mot "résister" doit toujours se conjuguer au présent " , Lucie Aubrac

19 janvier 2009

Suppression des droits de l'Opposition

Quand le gouvernement veut limiter le droit d'amendement, les socialistes défendent les droits--et devoirs-- de l'opposition de pouvoir participer aux débats parlementaires


Quand les socialistes défendent leur droit d’amendement
envoyé par LepointTV

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12 novembre 2008

Vanneste blanchi

Après une condamnation en première instance, réitérée en appel pour ses propos tenus en 2005, Christian Vanneste, député de Tourcoing, vient d'être blanchi en cassation. Monsieur Vanneste avait en effet déclaré à La Voix du Nord que l'homosexualité était une "menace pour la survie de l'humanité". Il avait alors justifié son expression: "Je n'ai pas dit qu'elle était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité". Il s'était ensuite entretenu avec Nord Eclair: "Je critique les comportements, je dis qu'ils sont inférieurs moralement."
SOS-Homophobie, Act-Up Paris et le Syndicat national des entreprises gays (SNEG) avaient porté plainte pour ces divers propos. Le tribunal correctionnel de Lille avait condamné, en janvier 2006, M. Vanneste à 3 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages-intérêts aux plaignants, en soulignant que l'élu avait "manifesté de manière outrageante son intolérance". La cour d'appel de Douai avait confirmé cette décision un an après: "un parlementaire est investi d'une parcelle de la souveraineté nationale" et "sa liberté d'expression est une condition de la démocratie et de l'Etat de droit". La cour de cassation vient de casser cette décision, contre l'avis de l'avocat général, au nom de la liberté d'expression. (cf l'article du Monde aujourd'hui)
Et le citoyen qui a cité Nicolas Sarkozy en tenant une pancarte "Casse-toi pauv' con", ça ne relevait pas de la liberté d'expression dans ce cas? Et tant qu'à faire, supprimons la loi Gayssot qui condamne les propos négationnistes parce qu'elle va à l'encontre de la liberté d'expression, et les lois mémorielles...
Si la liberté d'expression est une liberté fondamentale, il ne faut pas oublier que "La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui: ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi." (Article 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789).
Dire d'une communauté de citoyens qu'elle est "inférieure", ce n'est pas lui nuire? Et n'existe-t-il pas une loi condamnant les propos homophobes?
Enfin, si la Cour de cassation estime qu'ils ne sont pas homophobes, ou du moins que "leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression"...


Je n'ose pas trop donner mon avis, je ne sais pas si on sera aussi tolérant envers ma liberté d'expression si je dis que je conteste cette décision, ou si je dis que je pense que C. Vanneste est homophobe...

Je me contenterai donc d'écrire que j'approuvais plus la décision du tribunal correctionnel de Lille et de la cour d'appel de Douai...

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23 juillet 2008

Pouvoir d'achat : vous êtes impatients ?

Pouvoir d'achat : vous êtes impatients ?
Vidéo envoyée par PartiSocialiste

Une vidéo réalisée par le Parti Socialiste sur le pouvoir d'achat...

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22 juillet 2008

Les temps modernes

Les temps modernes
Vidéo envoyée par mjstv

Temps de travail : les jeunes socialistes miment "les temps modernes" devant l'Assemblée                                 


  
                                                                       

Paris, 10 juil 2008 (AFP) - Une vingtaine de jeunes militants socialistes ont mimé "Les temps modernes" de Charlie Chaplin jeudi devant l'Assemblée nationale, inaugurant une série de rendez-vous d'agit prop' pour "réveiller les Français sur la question du temps de travail" et la réforme en cours d'examen par le parlement.

Sous la direction de leur président Antoine Détourné, les militants du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) se sont rassemblés sur une place jouxtant le Palais-Bourbon, autour de l'un d'eux déguisé en Charlot parce que le personnage du film, débordé par des cadences infernales, "parle à tout le monde".

Le Président Nicolas Sarkozy, matraque en main, était aussi là pour faire marcher ce petit monde à la baguette, sous forme d'un masque de déguisement le représentant.

"Travailler moins, travailler mieux, travailler tous", "s'épuiser, non, vivre mieux, oui", ont scandé les manifestants, munis de clés à mollettes et de marteaux.

Ils ont déployé quelques pancartes où on pouvait lire : "Travailler comme des robots pour vivre comme des chiens : bienvenue dans le pays des droits de l'homme" ou encore "faire du travail une corvée, et du salaire une misère, c'est ça la modernité !".

La loi défendue par le ministre du Travail Xavier Bertrand, adoptée mardi en première lecture à l'Assemblée, permet de fixer la durée du travail au niveau de l'entreprise, accroissant la flexibilité par rapport aux 35 heures hebdomadaires. Elle autorise aussi l'allongement du temps de travail des cadres, notamment en relevant le plafond des "forfaits jour" de travail.

 

 

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17 juin 2008

Travailler moins pour travailler tous et vivre mieux

Un article du MJS concernant la mobilisation de ce jour


Le Mouvement des Jeunes Socialistes soutient la mobilisation des salariés du 17 juin 2008 sur la durée légale du travail et les retraites . Les mesures annoncées par le gouvernement menacent des décennies de conquêtes sociales, hypothèque l’avenir d’un modèle social solidaire, en même temps qu’il méprise le dialogue social.

En autorisant des accords entre partenaires sociaux permettant le dépassement du quota légal d’heures supplémentaires hebdomadaires dans les entreprises, le gouvernement enterre les 35 heures et casse la durée légale du travail, fruit de près d’un siècle de combats et de dialogue. La France revient à une situation antérieure à la loi du 23 avril 1919 qui installait la semaine de 48 heures et la journée de 8 heures .

Le MJS dénonce également la signature du gouvernement de la directive européenne qui autorise les salariés à travailler jusqu’à 65 heures par semaine. Le droit du travail devient un no man’s land juridique où le patron est seul maître du temps de travail des salariés . Cette politique oblige les salariés à travailler plus, n’augmente pas les salaires et n’encourage pas l’emploi des salariés qui en sont privé.

S’agissant des retraites, le gouvernement reste sourd aux revendications du mouvement social et s’entête à ne proposer que l’augmentation du nombre d’annuités cotisées . Il feint d’ignorer le chômage des seniors, les difficultés d’insertion des jeunes, la faiblesse des salaires et des pensions. D’autres solutions existent : suppression d’exonérations de cotisations, augmentation des cotisations, modulation en fonction de la pénibilité du travail .

En ignorant les partenaires sociaux, le gouvernement fait la preuve de son mépris du dialogue social et dévoile la vraie nature de ses intentions : casser toutes les protections sociales quelle qu’en soient les conséquences pour le plus grand nombre.

Le MJS défend une autre voie pour lutter contre le chômage, la précarité et pour le progrès social : celle du travailler moins pour travailler tous et vivre mieux .


                               

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13 juin 2008

immigration

Un article paru dans la rubrique "Rebonds" de Libération ce jour, au sujet de la directive retour, ça fait réfléchir...

«Je fais appel à la conscience des députés européens…»

Evo Morales Ayma   président de la République de Bolivie.

QUOTIDIEN : vendredi 13 juin 2008

Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe était un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’Européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes.

Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite «directive retour». Ce texte, validé le 5 juin par les ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu’il durcit de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

Les Européens sont arrivés dans les pays d’Amérique latine et d’Amérique du Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent. Nos pays du continent américain absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l’Amérique. Comme par exemple notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.

Aujourd’hui, l’Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants y viennent pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’Union Européenne.

Pour nous, nos émigrants représentent l’aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0,7 % du PIB d’aide au développement. L’Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars (43,7 milliards d’euros) de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars (193 milliards d’euros), qui dépassent les 104 milliards de dollars (67 milliards d’euros) octroyés au nom de l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 % de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliard de dollars, 0,7 milliard d’euros), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du tiers-monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d’œuvre qualifiée en laquelle, d’une manière ou d’une autre, nos Etats, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.

Il est regrettable que le projet de «directive retour» complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque Etat ou groupe d’Etats puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains. La directive retour prévoit la possibilité d’un enfermement des migrants sans papier jusqu’à dix-huit mois avant leur expulsion - ou «éloignement» selon le terme de la directive. dix-huit mois ! Sans procès ni justice ! Tel qu’il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Et en particulier l’article 13 qui énonce :

«1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.»

Et, pire que tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides. Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papier, dont l’immense majorité travaille et s’intègre depuis des années ?

De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la «liberté de circuler», la protection contre les emprisonnements arbitraires ?

Parallèlement, l’Union européenne tente de convaincre la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou) de signer un «Accord d’association» qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu’imposent les Etats-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la «protection juridique», on nous reproche notre processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés le jour des Travailleurs. Je demande, dans ce cas : où est la «sécurité juridique» pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?

Promouvoir d’un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu’en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement… Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

Dans ces conditions, si cette directive retour devait être approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union européenne et nous nous réservons le droit d’imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l’avions pas exercé jusqu’à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l’UE.

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d’importantes difficultés globales : le réchauffement, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu’augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient sans papier ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l’Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d’Europe, pour que ne soit pas approuvé le texte de la «directive retour». Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte.

J’appelle aussi l’Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l’homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l’énorme dette historique, économique et écologique que les pays d’Europe ont envers une grande partie du tiers-monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l’Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd’hui dans vos «politiques d’intégration» comme vous avez échoué avec votre supposée "mission civilisatrice" du temps des colonies.

Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les «clandestins».

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22 mai 2008

La mixité à l’école écornée en douce

Un article paru dans Libé ce jour, sur un alinéa adopté en douce...
je n'ai pas le temps de le commenter, mais profondément laïque comme je suis, tout le monde aura compris ce que j'en pense...


Le Parlement vient d'adopter l’autorisation de cours séparés pour garçons et filles. Les syndicats enseignants, si chatouilleux sur la laïcité, sont restés étrangement silencieux

VÉRONIQUE SOULÉ

QUOTIDIEN : jeudi 22 mai 2008

La mixité scolaire vient d’essuyer un mauvais coup. Sans crier gare, le gouvernement a fait inscrire dans la loi l’autorisation d’avoir des enseignements séparés filles et garçons à l’école. Ce qui n’était jusqu’ici qu’une simple possibilité - pendant les cours de sports notamment - prend ainsi valeur légale, ce qui suscite de sérieuses craintes sur un retour en arrière.

Officiellement, assure-t-on pourtant, rien ne change. Adoptée le 15 mai par le Parlement, la loi en question - sur la lutte contre les discriminations -, permet, dans l’alinéa 4 de l’article 2, l’«organisation d’enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe». Mais il ne faut y voir aucun encouragement, souligne-t-on dans l’entourage du ministre de l’Education, Xavier Darcos : «Sans cet alinéa, la loi, qui est la transposition de directives européennes, aurait donné la possibilité à certains de contester les cas de non-mixité qui existent dans l’enseignement. Certaines écoles privées auraient pu être mises en difficulté. Nous avons simplement voulu préserver le statu quo.»

«Boîte de Pandore»

Pour les opposants à cet alinéa, le gouvernement a bien ouvert «une boîte de Pandore» qui risque à terme de remettre en cause la mixité et même la laïcité du système français. «On peut attendre des demandes pour des séances séparées de piscine - notamment de communautés religieuses intégristes; certains peuvent aussi réclamer des cours de maths séparés car les garçons sont déconcentrés par les filles, s’insurge la sénatrice communiste Annie David. Et pourquoi pas revenir au cours de couture pour les filles et de mécanique pour les garçons?»

La mixité scolaire a été instaurée à partir des années 60 dans le primaire puis dans le secondaire. Aujourd’hui elle concerne plus de 90 % des établissements. Elle est régie par le code de l’éducation selon lequel les écoles «doivent contribuer à la favoriser». Mais elle n’est pas un principe absolu ni une obligation, et souffre d’exceptions. Quelques écoles privées, notamment des internats - scolarisant guère plus de 10 000 élèves - n’accueillent que des filles ou que des garçons. L’enseignement public est mixte, excepté les maisons d’éducation de la Légion d’honneur, internats de filles au statut particulier.

Les professeurs peuvent toutefois décider de faire des groupes distincts, en éducation physique et sportive (EPS) et parfois pour les cours d’éducation sexuelle lorsque l’ambiance dégénère dans la classe. «Tout se passait bien, pourquoi dès lors imposer cet alinéa?» s’interroge Annie David. Pour les élus socialistes et communistes, il était nul besoin de l’introduire à moins de poursuivre un but non avoué. Les directives européennes ne parlaient en effet nulle part d’éducation.

Hypothèses

Toutes les hypothèses sont dès lors échafaudées. Le gouvernement est notamment soupçonné d’avoir voulu faire une fleur aux écoles catholiques les plus réactionnaires, dans la droite ligne du discours de Latran de Nicolas Sarkozy estimant que l’instituteur n’arriverait jamais au niveau du curé pour inculquer des valeurs aux enfants. Défendant le texte, la secrétaire d’Etat à la Famille Nadine Morano a, elle, affirmé qu’il fallait protéger des établissements comme la Légion d’honneur.

Loin des bruyantes réformes prisées par le gouvernement, l’histoire de cet alinéa ressemble à un coup en douce. Perdu à la fin d’un article, il est d’abord passé quasi inaperçu. Présentée en «urgence déclarée», la loi n’a eu droit qu’à une seule lecture dans chacune des chambres. C’est au Sénat que les débats ont été les plus vifs. La commission des affaires sociales, présidée par l’UDF Nicolas About, a même adopté à l’unanimité un amendement demandant la suppression de l’alinéa. La rapporteuse, l’UDF Muguette Dini, y était aussi hostile. Durant le vote le 9 avril, elle s’est toutefois prudemment abstenue alors que Nicolas About faisait volte-face. Comme si le gouvernement avait usé de tout son poids pour faire passer son alinéa.

«Contexte inquiétant»

Dès le 14 avril, la FCPE, première fédération de parents d’élèves, classée à gauche, a dénoncé la loi qui permet «aux particularismes religieux d’organiser la séparation des filles et des garçons pour tel ou tel enseignement» et qui va à l’encontre de «l’éducation à l’égalité». Les syndicats enseignants, si chatouilleux sur la laïcité, sont restés étrangement silencieux. «On avait un peu la tête ailleurs, reconnaît Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT, il peut être utile pédagogiquement, à un moment donné, de faire des groupes séparés. Mais ce texte ouvre des possibilités et le contexte est inquiétant. Une chose est sûre : on s’opposera à toute remise en cause de la mixité.» «Sur le principe, ça nous pose problème, explique Luc Bérille du syndicat SE-Unsa, nous allons attendre les décrets d’application qui parfois tempèrent les choses.»

Beaucoup s’interrogent : quelle mouche a donc piqué le ministre Xavier Darcos ? S’il a cédé aux sirènes conservatrices dans sa réforme des programmes du primaire, il a toujours manifesté sa volonté de combattre le sexisme à l’école et a pris des mesures. «Il est impossible que des individus se saisissent de la loi pour imposer des classes non mixtes, affirme-t-on au ministère, car seule l’institution peut décider d’un enseignement séparé.» «C’est vrai, réplique la sénatrice communiste Annie David, mais on a déjà vu des institutions céder sous la pression.»

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20 mai 2008

Analyse des 35h

Un article paru dans Libération, qui analyse bien ce que sont les 35h, pourquoi elles on été mises en place et pourquoi ce serait une erreur que de les remettre en cause...

Idées fausses sur la durée du travail

Pierre-Alain Muet   député PS de Lyon, ancien président délégué du Conseil d’analyse économique.

QUOTIDIEN : mardi 20 mai 2008

Il est de bon ton, y compris parfois à gauche, de critiquer la réduction du temps de travail, laissant ainsi le champ libre à la vaste offensive que Nicolas Sarkozy conduit contre les 35 heures. Que la mise en place des 35 heures ait engendré des situations difficiles dans certains secteurs comme l’hôpital est indéniable. Mais la réalité est que la durée hebdomadaire du travail n’est pas plus faible en France que dans les grands pays industrialisés, que sa réduction va dans le sens de l’histoire, du progrès, qu’elle a profondément contribué à la création d’emplois et que sa remise en cause à travers l’usine à gaz des heures supplémentaires ne répond à aucun des vrais problèmes de l’économie française. Dans cette obsession, Nicolas Sarkozy commet une triple erreur : une erreur de diagnostic, une erreur économique et une erreur historique.

Une erreur de diagnostic, car l’idée que la France travaillerait moins que les autres pays européens est en totale contradiction avec les faits. Selon l’enquête de l’institut européen Eurostat, la durée hebdomadaire du travail en 2007 de l’ensemble des actifs était de 37 heures en France, pour 37,3 heures dans l’Europe des Quinze. C’est presque une heure de plus qu’en Allemagne (36,2 heures), une heure et demie de plus qu’au Danemark (35,5 heures) et dans les pays nordiques, et presque cinq heures de plus qu’aux Pays-Bas (32,2 heures). La durée hebdomadaire du travail est également plus élevée en France qu’au Royaume-Uni où, après avoir fortement baissé, elle s’établit à 35,8 heures et surtout qu’aux Etats-Unis (33,7 heures).

Une erreur économique, car en incitant les entreprises à recourir aux heures supplémentaires plutôt qu’à l’embauche, cette politique tourne le dos à ceux qui ont réellement besoin de travailler plus pour gagner plus : les chômeurs, mais aussi les seniors qui se retrouvent en préretraite sans l’avoir demandé. Elle ne change rien pour le million de salariés à temps partiel contraint qui gagnent peu et voudraient bien travailler plus, mais ne décident pas de leur temps de travail. Et en ne se préoccupant que de ceux qui ont un emploi, elle accentue les deux défauts de notre économie : nous sommes le pays où l’on travaille le plus entre 25 et 55 ans, et le moins après 55 ans.

Or, c’est précisément dans la période où, notamment avec la réduction du temps de travail et les emplois jeunes, la France a créé massivement des emplois (2 millions de juin 1997 à juin 2002), que notre pays a commencé à rééquilibrer l’activité des différentes générations d’actifs, même s’il reste encore un très long chemin à parcourir.

Une erreur historique, car toute l’histoire du développement économique depuis la révolution industrielle est une augmentation continue de la productivité du travail conjuguée à une baisse tout aussi continue de la durée annuelle du travail. On produit en une heure de travail vingt fois plus qu’en 1870 et on travaille deux fois moins longtemps. Ce qui caractérise le développement économique dans tous les pays, c’est en effet le temps libéré et le développement des loisirs et du secteur non marchand. La dispersion des durées hebdomadaires du travail en Europe l’atteste : c’est dans les pays les plus développés que la durée du travail est la plus faible et dans les plus pauvres qu’elle est la plus longue.

Il est temps d’avoir une vraie réflexion sur l’organisation des différents temps de la vie. La tendance séculaire à la réduction de la durée annuelle du travail est appelée à se poursuivre. Et le progrès, c’est de travailler moins au cours d’une année. Le véritable progrès ce sera d’ailleurs une interpénétration plus forte entre ces différents temps : la formation, le travail, le loisir, et non comme aujourd’hui leur succession brutale au cours du cycle de vie.

Plutôt que de perpétuer le débat idéologique qui a ponctué toutes les avancées sur la réduction du temps de travail depuis la loi de 1841 limitant le travail des enfants, il serait préférable de donner toute sa place à la négociation sociale. Car c’est elle qui permettra d’avancer réellement vers le temps choisi et de résoudre, par exemple, cette particularité française qu’une part importante des salariés à temps partiel le sont contre leur gré, alors qu’un nombre tout aussi élevé de salariés à temps plein souhaiteraient travailler à temps partiel choisi.

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19 mai 2008

les 35h ont 10ans!

Il y a 10 ans, l’Assemblée Nationale votait les lois Aubry sur les 35 heures. Application d’une des mesures phares du programme Jospin de 1997, les lois Aubry ont permis de révolutionner l’organisation du travail au sein de l’entreprise, de recréer le dialogue social et de créer entre 150 000 et 350 000 emplois suivant les sources La réduction du temps de travail est une tendance historique. Aujourd’hui les Français, employés comme patronat, ne veulent pas revenir sur cet acquis social qui a permis à chacun d’organiser sa vie, personnelle et d’entreprise, en fonction des RTT.

Le gouvernement accuse les 35 heures de tous les maux. Ils oublient que sous l’ère Jospin nous avons crée 2 millions d’emplois, nous étions en haut de la classe européenne. A l’inverse aujourd’hui et alors que la droite et Nicolas Sarkozy sont au pouvoir, et ce depuis 2002, nous sommes en queue de peloton. Il y a bien entendu quelques ratés qu’il faut corriger mais n’oublions pas que nous sommes le deuxième pays ayant le plus d’investisseurs étrangers.

Dans notre région, nous avons eu TOYOTA à Valenciennes, Decathlon réimplante une usine de vélo à Lille… Et on pourrait continuer la liste des entreprises de dimensions internationales qui choisissent la France comme lieu d’implantation industrielle. Alors soyons fiers des 35 heures, outil d’émancipation sociale, outil valorisant la valeur travail, outil permettant de créer des emplois. De plus, les 35 heures, en permettant aux employés et cadres de disposer de plus de temps pour eux, a augmenté le taux de compétitivité des entreprises françaises de 7% ! Non les 35 heures ne sont pas un frein à la compétitivité, au contraire, non les 35 heures ne détruisent pas l’emploi et ne provoquent pas de délocalisation, elles attirent au contraire les investissements et des grandes entreprises industrielles innovantes, qui savent que le vent des délocalisations est en train de tourner. C’est pour toutes ces raisons que le MJS réaffirme sa volonté de défendre les 35 heures dans ce pays, d’exporter cet acquis social à travers l’Europe mais également continue de se battre pour promouvoir les 32 heures et ainsi se battre pour la société du temps libéré !

Ci-apprès, une vidéo interview de Martine Aubry, interrogée sur les 35 heures et sur leur éventuelle remise en cause par le Gouvernement Fillon-Sarkozy. Elle est aussi interrogée sur le Congrès du PS, et sur les candidatures déclarées de Bertrand Delanoë, et Ségolène Royal.
Le MJS Nord rappelle que ce Congrès ne doit pas être un affrontement entre deux écuries présidentielles, mais bien l’occasion de développer un projet global de société, et ceci ne peut passer que par un travail de fond de tous les militants !! Ne nous arrêtons pas aux personnes politiques, et élaborons ensemble un projet ! Il ne faut pas faire juste du participatif pour le mot, mais bien aller au fond des choses pour proposer une vision de la Société susceptible d’emporter l’adhésion de tous les Français !


Cliquez sur l’image pour voir l’interview

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13 mai 2008

Isère: la police fait le ménage avant la visite de Sarkozy

Article de LibéLyon...de pire en pire!

Après le ménage à Lille, le voici à Vienne!

Quand la police saisit tracts et journaux pour une visite de Nicolas Sarkozy

POLITIQUE - La scène se déroule dans le centre-ville de Vienne (Isère), mardi en fin de matinée, une heure et demie avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat visite une usine à ce moment-là, et il est attendu ensuite dans la salle des fêtes de Vienne, pour  participer à une table ronde sur "la modernisation de l'économie française". Des militants veulent manifester aux abords. Certains du PS, d'autres du PCF, d'autres encore de la la LCR. Ils sont environ 150 à 200, selon un journaliste présent. Mais il y a également énormément de policiers en civil, sur la place et dans toutes les rues avoisinantes. Normal pour une visite présidentielle. Sauf que le journaliste présent constate que les policiers sont en train de contrôler et fouiller les militants, et surtout de saisir tous leurs tracts, leurs autocollants, et même leurs journaux. Celui-ci a Rouge dans son sac ? Saisi. Celui-là l'Huma à la main ? Saisi également. Quelques jeunes gens de la LCR refusent de remettre leurs tracts, ils sont alors menottés et embarqués. Sous l'objectif d'un photographe...

Photos : JPK

Carnetlcr

Fouille du sac d'un militant

Pile_tracts_5

Une pile de tracts saisis


Menottage_2
Menottage d'une militante qui a refusé de donner ses tracts


Arrestation_3 Arrestation de la même militante

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